Le cancer de l’endomètre se développe dans la muqueuse qui tapisse l’intérieur du corps de l’utérus. Il touche surtout les femmes après la ménopause, mais peut aussi survenir avant. Il est différent du cancer du col de l’utérus et de l’endométriose.
À l’Hôpital Cochin – Port-Royal (AP-HP), à Paris, notre équipe participe à votre parcours de diagnostic et de traitement, en lien avec les professionnels d’oncologie, de radiothérapie et de fertilité. Cette prise en charge s’inscrit dans notre activité d’oncologie gynécologique.
Saignements après la ménopause : quand consulter ? #
Les métrorragies post-ménopausiques sont des saignements vaginaux survenant après l’installation de la ménopause. Il peut s’agir de sang rouge, de traces brunes ou de pertes rosées. N’attendez pas leur répétition pour consulter.
Plusieurs causes sont possibles : fragilité de la muqueuse liée à la ménopause, polype utérin, anomalie du col ou de l’endomètre. Un traitement hormonal ou anticoagulant doit être signalé au médecin, sans lui attribuer automatiquement le saignement ni arrêter le traitement de votre propre initiative. L’examen permet aussi de vérifier l’origine du sang.
Avant la ménopause, des saignements entre les règles, des règles inhabituellement abondantes ou prolongées justifient également un avis médical. Les fibromes font partie des causes possibles.
En cas de saignement abondant avec malaise, faiblesse importante, essoufflement ou douleur intense, demandez une aide médicale urgente ; appelez le 15 ou le 112 si votre état le nécessite. Le formulaire de rendez-vous ne remplace pas les urgences gynécologiques.
Suspicion de cancer gynécologique #
Circuit de diagnostic rapide #
Vous avez récemment eu :
- un saignement après la ménopause avec une anomalie de l’endomètre ;
- une biopsie de l’endomètre anormale ou suspecte ;
- une masse ovarienne suspecte ;
- une suspicion ou un diagnostic récent de cancer gynécologique ?
Un circuit dédié permet à notre équipe d’évaluer votre situation et d’organiser rapidement la suite de votre prise en charge.
Il n’est pas nécessaire d’attendre que le diagnostic de cancer soit confirmé.
Faire une demande #
Demander un rendez-vous – suspicion de cancerLors de votre demande, précisez « suspicion de cancer gynécologique – diagnostic rapide » et joignez, si vous les avez, les résultats de biopsie, d’échographie, d’IRM ou de scanner.
Comment confirmer le diagnostic ? #
Consultation et échographie pelvienne #
Le médecin précise les symptômes, vos traitements et vos antécédents personnels et familiaux, puis réalise un examen gynécologique. L’échographie, souvent par voie endovaginale si elle est possible et acceptée, étudie la cavité utérine et l’épaisseur de l’endomètre.
Un endomètre épaissi ne suffit pas à diagnostiquer un cancer. Le résultat s’interprète avec les symptômes et le contexte. Si le saignement persiste ou récidive, une réévaluation reste nécessaire, même après un premier examen rassurant.
Biopsie de l’endomètre et hystéroscopie #
La confirmation repose sur l’analyse anatomopathologique d’un prélèvement de l’endomètre. Une biopsie peut être réalisée en consultation avec une fine canule introduite par le col.
L’hystéroscopie diagnostique permet de regarder l’intérieur de l’utérus et, si nécessaire, de guider des prélèvements. Elle est notamment utile devant une lésion localisée ou un prélèvement insuffisant. Elle n’est pas obligatoire pour toute biopsie. Les modalités de prise en charge de la douleur et d’anesthésie dépendent du geste et de votre situation.
Bilan d’extension et caractéristiques de la tumeur #
Une fois le cancer identifié, une IRM pelvienne aide à évaluer son extension locale. D’autres examens, notamment un scanner, peuvent compléter le bilan selon les résultats.
L’analyse précise le type de tumeur, son grade et ses caractéristiques moléculaires. Les marqueurs MMR, p53 et POLE, selon les indications, contribuent à déterminer le risque de récidive et à orienter le traitement. Ces éléments complètent le stade de la maladie : deux cancers de l’endomètre peuvent nécessiter des traitements différents.
Pour comprendre les étapes du bilan : Institut national du cancer — diagnostic.
Quels sont les facteurs de risque ? #
Les principaux facteurs comprennent l’obésité, le diabète et certaines situations d’exposition prolongée aux œstrogènes sans opposition progestative. Un traitement par tamoxifène peut également augmenter le risque ; ne l’interrompez pas sans avis médical.
Une prédisposition héréditaire, notamment le syndrome de Lynch, peut être en cause. Signalez les cancers de l’endomètre ou du côlon dans votre famille. Selon l’analyse de la tumeur et les antécédents, une consultation d’oncogénétique peut être proposée. Une anomalie MMR dans la tumeur ne signifie pas à elle seule qu’il existe un syndrome héréditaire.
L’absence de facteur de risque n’exclut pas la maladie. Il n’existe pas de dépistage organisé du cancer de l’endomètre dans la population générale ; les personnes ayant une prédisposition connue bénéficient d’un suivi spécifique. Le frottis du col et le test HPV ne dépistent pas ce cancer.
Traitement du cancer de l’endomètre à Paris #
Votre dossier est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). La proposition tient compte de la tumeur, de votre état de santé, de vos souhaits et, le cas échéant, de votre projet de grossesse. Les bénéfices attendus et les effets indésirables sont expliqués en consultation.
Chirurgie : hystérectomie et évaluation ganglionnaire #
La chirurgie est le traitement principal de nombreuses formes localisées. Elle comprend habituellement une hystérectomie totale, avec ablation des trompes et des ovaires. La conservation des ovaires relève de situations sélectionnées et d’une discussion spécialisée.
Une voie mini-invasive, généralement par cœlioscopie, est privilégiée lorsqu’elle est adaptée. La voie opératoire dépend de la maladie et des contraintes individuelles. Consultez notre page sur l’hystérectomie à Paris pour comprendre l’intervention et ses suites.
L’évaluation des ganglions peut reposer sur la technique du ganglion sentinelle, qui repère les premiers ganglions drainant l’utérus. Un curage plus étendu n’est pas systématique : la stratégie est adaptée au dossier et aux constatations opératoires.
Curiethérapie, radiothérapie et traitements médicamenteux #
Après l’opération, l’analyse définitive permet de décider si un traitement complémentaire est utile. Certaines patientes n’ont besoin que de chirurgie. D’autres peuvent recevoir une curiethérapie vaginale, une radiothérapie externe ou une chimiothérapie en fonction du risque de récidive.
La curiethérapie délivre une irradiation au plus près de la zone à traiter ; la radiothérapie externe utilise un appareil situé à l’extérieur du corps. Le choix dépend de la localisation du risque et du bilan.
Dans certaines formes avancées ou récidivantes, une immunothérapie, seule ou associée à d’autres traitements, peut être proposée selon les indications et le profil tumoral. Une hormonothérapie peut également avoir une place dans des situations sélectionnées. Ces traitements ne sont pas nécessaires pour toutes les patientes. Voir les informations de la HAS sur le dostarlimab.
Si une opération n’est pas possible, une autre stratégie, notamment par radiothérapie, est discutée en RCP.
Cancer de l’endomètre et désir de grossesse #
L’hystérectomie empêche de porter une grossesse. Si vous avez un projet parental, signalez-le avant le début du traitement.
Un traitement conservant l’utérus peut exceptionnellement être discuté pour certaines tumeurs endométrioïdes de bas grade, sans invasion du muscle utérin, après un bilan spécialisé. Il repose notamment sur un traitement progestatif et exige des contrôles rapprochés avec prélèvements. Il ne garantit ni la disparition durable du cancer ni une grossesse ; une chirurgie peut devenir nécessaire en cas d’échec, de progression ou après accomplissement du projet parental.
Une consultation de préservation de la fertilité permet d’évaluer les possibilités et leur compatibilité avec les soins oncologiques, en lien avec l’équipe d’assistance médicale à la procréation.
Suivi après le traitement #
Le suivi est adapté au risque de récidive et aux traitements reçus. Il associe des consultations, un examen clinique et des examens complémentaires lorsqu’ils sont indiqués. Signalez tout nouveau saignement ou symptôme persistant sans attendre le rendez-vous prévu.
Les soins de support accompagnent la récupération : prise en charge de la douleur, de la fatigue, des difficultés sexuelles, des symptômes de ménopause, soutien psychologique et aide sociale selon les besoins. Le pronostic dépend du stade et des caractéristiques de la tumeur ; les formes limitées à l’utérus ont souvent une évolution favorable, sans qu’un chiffre unique puisse prédire une situation individuelle.
Préparer votre consultation à Cochin #
Rassemblez, si vous les avez, le courrier d’adressage, les comptes rendus de biopsie, d’échographie et d’imagerie, ainsi que votre liste de médicaments. Notez depuis quand les saignements ont commencé et les antécédents de cancers dans votre famille.
Pour une anomalie suspecte ou un diagnostic récent, utilisez le circuit de diagnostic rapide. Pour une consultation gynécologique, retrouvez les modalités sur la page prendre rendez-vous à Cochin. L’équipe évalue la demande afin d’organiser les étapes adaptées à votre situation.
Pour poursuivre votre lecture #
- Oncologie gynécologique : cancers de l’endomètre, de l’ovaire et du col
- Hystéroscopie : exploration de la cavité utérine
- Hystérectomie : intervention et suites opératoires
- Polype utérin : une autre cause de saignements
Questions fréquentes #
Un saignement après la ménopause signifie-t-il un cancer ? #
Non. Plusieurs causes bénignes sont possibles, mais tout saignement après la ménopause doit conduire à un avis médical rapide, même s’il est peu abondant ou unique.
Un endomètre épaissi est-il forcément cancéreux ? #
Non. L’échographie ne suffit pas à affirmer un cancer. Le médecin interprète ce résultat selon les symptômes et décide si un prélèvement est nécessaire.
Le frottis du col dépiste-t-il le cancer de l’endomètre ? #
Non. Le frottis du col et le test HPV concernent le dépistage du cancer du col de l’utérus. Un résultat normal ne dispense pas de rechercher la cause d’un saignement après la ménopause.
La biopsie de l’endomètre nécessite-t-elle toujours une hystéroscopie ? #
Non. Elle peut être réalisée en consultation avec une fine canule. Une hystéroscopie peut être proposée pour explorer la cavité utérine ou guider des prélèvements.
La chimiothérapie est-elle systématique ? #
Non. Certaines formes localisées sont traitées par chirurgie seule. Les traitements complémentaires dépendent de l’analyse de la tumeur et de la discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire.
Faut-il attendre la confirmation du cancer pour contacter Cochin ? #
Non. Le circuit de diagnostic rapide peut être sollicité dès une suspicion de cancer gynécologique, notamment devant une anomalie de l’endomètre associée à un saignement après la ménopause ou une biopsie suspecte.
Sources et repères médicaux #
- Institut national du cancer — comprendre le cancer de l’endomètre.
- Institut national du cancer — traitements de l’endomètre.
- Assurance Maladie — saignements gynécologiques anormaux.
- Assurance Maladie — suivi après la ménopause.
- ESGO–ESTRO–ESP — recommandations sur le cancer de l’endomètre, actualisation 2025.
- ESGO–ESHRE–ESGE — traitement conservateur et fertilité.